Mieux connaître les bijoux anciens

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Savoir et passion

Avant, j’étais collectionneuse. J’achetais des bijoux pour moi, que je revendais parfois pour en acquérir d’autres. Mais pour acquérir de jolies pièces de joaillerie, j’ai dû apprendre à parler le jargon des antiquaires et des bijoutiers.

Alors, pour que vous puissiez vous balader sur ce site l’esprit tranquille et craquer sans arrière-pensées, j’ai décidé de vous en dire un peu plus sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir…

18/ 19,2/ 9/ 8/ 14… Je décrypte les titres pour vous !

Tout d’abord, commençons par les bases. Le titre, qu’est-ce que c’est ? Le titre, c’est la proportion d’or dans un alliage. Plus le titre est élevé, plus la proportion d’or est importante. Par exemple : 750 veut dire 750 parts d’or pur pour 1000, soit 250 d’autres métaux : cuivre, laiton, platine, nickel… Moins le titre est élevé, moins il y a d’or pur : 585, 375, 333… pour le titre le moins élevé.
En gros, voilà ce que ça donne :

Jusque là, normalement, vous suivez !

Donc, vous allez me dire que le mieux, c’est l’or 24 ct à 1000 . Eh ! Bien non ! L’or 24 ct est tout mou. Ça se tord, ça ne tient pas bien les pierres, c’est inutilisable en joaillerie. Même si quelques pays s’y essaient, notamment le Cambodge, par exemple. Alors, pour le rendre plus solide, on utilise un ou plusieurs métaux qui vont constituer un alliage et même, selon le métal choisi, sa couleur.

Quel est le titre légal, donc ?

On commence à appeler un métal « Or » partout dans le monde à partir 9 ct, sauf en Allemagne où le titre descend jusqu’à 8 ct soit 333 . Même en France, on commence à 9 ct. Mais ça n’a pas toujours été fixe : cette dénomination a varié et évolué en fonction de l’histoire ! (C’est là que ça se complique, et c’est là que j’interviens : n’ayez pas peur, ça va bien se passer !)

En France :

En France, le bas-titre existe surtout en marge du système officiel avant le XIXᵉ siècle. Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, l’or légal est élevé, autour de 18 carats, et tout alliage plus pauvre relève de pratiques clandestines, locales ou populaires, souvent rurales ou religieuses, et rarement correctement poinçonnées. La Révolution française bouleverse totalement cet équilibre en supprimant les jurandes et en désorganisant le contrôle des métaux précieux. Entre 1793 et 1798, les poinçons deviennent improvisés, républicains et très inconstants, ce qui favorise une large circulation d’or hétérogène, fréquemment sous-titré. On voit apparaître des faisceaux, des coqs et des Mariannes, des animaux un peu fantaisistes… Le XIXᵉ siècle réagit à ce chaos en instaurant un système centralisé, lisible et durable, dont la tête d’aigle garantit l’or à 18 carats. Dans le même temps, le bas-titre devient un choix économique assumé, avec la diffusion du 9 et du 12 carats, mais en dehors du cadre légal français. Cette clarification du système rend le poinçon décisif pour la valeur, ce qui entraîne une prolifération des faux poinçons, en particulier des imitations de la tête d’aigle. Ainsi, un bijou ancien de bas titre n’est pas seulement un objet frauduleux ou modeste : il est souvent le témoin direct des contraintes économiques, sociales et politiques de son époque.

Et en Europe ?

Même tambouille un peu partout : il y a un titre officiel, surtout pour la joaillerie, et un titre populaire. Il varie selon les pays.
Dans de nombreux pays, la législation fixe un titre minimal à partir duquel un alliage peut être légalement commercialisé et désigné comme « or », notamment dans le cadre du poinçonnage ou de la vente de bijoux. En France, ce seuil est fixé à 375 ‰ (9 carats) : un objet doit atteindre au minimum ce titre pour être vendu comme or. Le Royaume-Uni applique le même seuil de 375 ‰, qui constitue la limite inférieure pour le poinçonnage officiel et l’appellation « gold ». Aux États-Unis, la pratique historique retient le 10 carats (417 ‰) comme norme minimale ; bien que la Federal Trade Commission ait assoupli certaines règles d’étiquetage, le 10 kt demeure la référence courante pour qualifier un alliage comme or.

En Europe du Nord et centrale, certains pays admettent des titres plus bas. L’Allemagne reconnaît le 333 ‰ (8 carats) comme titre légalement admis, une pratique que l’on retrouve également au Danemark et historiquement en Grèce, même si les usages de poinçonnage peuvent varier selon les régions et les périodes. À l’inverse, dans les pays du sud de l’Europe comme l’Italie et l’Espagne, le seuil pratique le plus bas couramment rencontré pour la bijouterie commercialisée comme or est le 375 ‰ (9 carats), avec un marquage exprimé en millièmes. La Suisse applique également un minimum de 375 ‰ pour la bijouterie, sous le contrôle strict des métaux précieux, avec des exigences réglementaires précises.

Deux exceptions importantes : La Russie et le Portugal.

Première exception importante, la Russie et l’URSS. Jusqu’au début du XXᵉ siècle, le système traditionnel utilisait le 56 zolotnik, soit environ 583 ‰, ce qui correspond à peu près à 14 carats, bien que l’expression soit différente. Sous l’URSS, ce titre de 583 ‰ est resté le standard absolu pour la bijouterie, utilisé de manière généralisée dans tout le pays. Ainsi, la Russie suit la même logique que le reste de l’Europe de l’Est, où le 14 carats (≈585 ‰) constitue historiquement le titre d’or le plus répandu et reconnu pour les bijoux et objets en or, mais avec un titrage légèrement inférieur et spécifique à 583 .

Deuxième exception importante : le Portugal.
🇵🇹 Au Portugal, il existe un usage traditionnel — parfois décrit comme “standard national” — pour un alliage à 19,2 carats, c’est-à-dire environ 800 ‰ d’or pur. Ce titrage “800/1000” (19,2 ct) est particulièrement connu dans le cadre de la filigrane portugaise (bijoux traditionnels, orfèvrerie locale), ce qui en fait le plus distinctif pour le Portugal. Bien sûr, le 18 ct (750 ‰) et le 14 ct (585 ‰) sont aussi légaux et utilisés, notamment pour coller aux standards internationaux et aux marchés d’exportation.

Pour résumer tout ça :

Pour conclure :

Le titre d’un bijou poinçonné est moins une question de qualité que de culture, d’époque, d’origine et d’usage. Un beau bijou d’époque ne sera pas nécessairement en or 18 ct, cela dépendra du contexte économique à sa création, du lieu de fabrication, de la clientèle à laquelle il se destine. Et avant tout, ce qui fait sa plus grande valeur, c’est son histoire : celle qu’il a traversée, et celle que vous allez écrire !

Ancien ou Vintage ?

(Et attention aux arnaques !)

Je vois fleurir un peu partout des annonces, des offres pour des bijoux « Vintage ». Quel est le problème, me direz-vous ? Eh ! Bien ! C’est qu’il ne s’agit pas du tout de bijoux vintage !
À l’origine, « vintage » vient de l’anglais et se rapporte au monde de l’œnologie où il désigne le millésime. Par exemple, un Petrus millésimé de 1959.
Dans la mode et les bijoux, ce terme désigne des bijoux anciens, mais assez récents postérieurs aux années cinquante et généralement signés. On parlera d’un vintage Chanel des 80, par exemple. Ce terme a été très utilisé dans la maroquinerie avant de s’étendre à l’ensemble de la mode : vêtements, bijoux, chaussures, foulards… si l’objet n’est pas signé, au moins doit-il être très caractéristique d’un design, ET d’époque. Toujours d’époque.
Hélas, c’est de moins en moins le cas.
Une copie N’EST PAS un vintage.
Très (trop !) souvent je vois passer des bijoux en argent – voire, en plaqué argent, avec un faux poinçon ! – fabriqués en Chine et imitant des antiquités, vendus pour de véritables bijoux anciens.
Ces faux sont souvent des reproductions de véritables pièces antiques, achetées aux enchères ou chez des antiquaires, et réellement expertisées. Les bijoux sont ensuite copiés à grande échelle (Mais avec des procédés, des outils, et des finitions différentes et bas de gamme) puis revendus sur des plateformes en utilisant les photos du bijou d’origine. Ce qui pose clairement la question de la propriété intellectuelle de surcroît.

Les acheteurs, lésés et déçus les revendent généralement sous la dénomination trompeuse de « Vintage ».

La fausse bague Art Deco en provenance de Chine
La vraie bague art deco des années 1930

Ces objets qui pullulent vont de la ceinture au bijou en passant par le sac à main, et qui sont de véritables pièges.
Alors, soyez prudents.
Choisissez un site sérieux ou un commerçant spécialisé qui puisse garantir l’authenticité de votre achat.
Je vous en dirais plus sur ce sujet sur mon blog très prochainement ! 🙌🏻

Retrouvez les articles du blog et le quotidien d’une antiquaire ici :

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