Voyage dans le Quotidien d’une Antiquaire spécialisée en Joaillerie

Bijoux et antiquités

L’excellence de la joaillerie franco-belge : Quand Jacques Lenfant créait pour la maison Huberlant en Belgique


Paire de boucles d’oreilles d’époque, écrin signé P. Huberlant (Belgique).

Les ateliers Georges Lenfant occupent une place singulière dans l’histoire de la joaillerie parisienne.

Ils ne sont pas une maison de joaillerie au sens traditionnel, mais un atelier de fabrication de très haut niveau, sans boutique ni communication propre, travaillant dès l’origine pour les grandes maisons, des créateurs indépendants et des détaillants prestigieux. Cette position explique la discrétion de leurs signatures, la rareté de poinçons lisibles et la présence fréquente de frappes partielles ou secondaires.

Actif dès les années 1920, l’atelier s’inscrit dans la tradition des grands ateliers parisiens de la rive droite, à la charnière entre l’Art déco et le modernisme d’après-guerre. Il se distingue très tôt par une maîtrise exceptionnelle de la mécanique joaillière et par sa capacité à transformer des dessins ambitieux en bijoux parfaitement portables, solides et durables. Fermoirs, clips, bracelets articulés et systèmes transformables constituent son domaine d’excellence.

L’après-guerre, entre 1945 et 1960, marque l’âge d’or des ateliers Lenfant. À une époque où les oreilles percées ne sont pas encore la norme, ils deviennent une référence incontournable pour les systèmes de clips et de fermetures invisibles, alliant confort, fiabilité et discrétion. Le poinçon aux ailes croisées, souvent frappé de manière réduite ou partielle sur les éléments techniques, n’est pas un signe décoratif mais un véritable sceau d’atelier, marque de responsabilité plus que de visibilité.

L’héritage de Georges Lenfant irrigue durablement la place Vendôme et la haute joaillerie du XXᵉ siècle. Son esprit se reconnaît dans des bijoux à la mécanique parfaite, au confort exceptionnel et à l’élégance sans ostentation, conçus non pour attirer le regard, mais pour durer.

Il nous a quand même fallu quelques jours pour identifier ces boucles.

L’identification d’un poinçon de maître est une étape cruciale pour authentifier une pièce de haute joaillerie. Sur les créations de la maison Georges Lenfant, le cœur du poinçon révèle un véritable blason artisanal : à gauche, une forme texturée représente un , symbole historique du savoir-faire de l’atelier. À droite, on distingue deux ailes croisées stylisées, l’autre emblème indissociable de la signature Lenfant. Ensemble, ces deux icônes forment le motif central caractéristique que l’on retrouve sur les pièces les plus prestigieuses de la Place Vendôme.

Poinçon caractéristique de l’atelier Georges Lenfant, symbolisant l’artisanat de haute joaillerie.

Décrypter les initiales G et L : les subtilités de la frappe

Il est fréquent de confondre les lettres inscrites dans le losange, notamment le L majuscule (pour Lenfant) situé en haut du poinçon, qui peut parfois être interprété à tort comme un J en raison de sa barre verticale et de son retour à angle droit. En bas du losange se trouve le G de Georges. Sur des surfaces étroites ou courbes, comme la raquette d’une boucle d’oreille, la frappe peut s’avérer délicate : la partie inférieure du poinçon est alors souvent tronquée ou écrasée, rendant le « G » plus complexe à déchiffrer que le « L » supérieur.

Pourquoi la confusion est-elle fréquente sur les bijoux vintage ?

La difficulté provient souvent de la disposition millimétrée du dé et de l’aile au centre du losange. De plus, le poinçon de l’atelier, initialement un losange vertical, subit des déformations lorsqu’il est appliqué sur du métal rond, texturé ou sur les systèmes techniques aux surfaces courbes : les pointes s’estompent, « tassant » ainsi les lettres et les symboles. Malgré ces variations de frappe, la présence du dé et de l’aile confirme sans équivoque la signature exclusive de la maison Georges Lenfant.

Détail d’une boucle d’oreille Georges Lenfant, illustrant la mécanique raffinée et le style élégant de la haute joaillerie Mid Century.
Détail du poinçon de maître sur une pièce de joaillerie Georges Lenfant, illustrant l’artisanat exceptionnel de l’atelier.


Une signature historique pour une joaillerie d’exception

Il est important de noter que ce poinçon historique est resté inchangé lorsque Jacques Lenfant a repris la direction de l’atelier paternel. Qu’il s’agisse d’une création directe ou d’une collaboration prestigieuse, comme pour la maison Huberlant, ce marquage certifie l’appartenance du bijou à l’élite de la joaillerie parisienne du XXe siècle. C’est la garantie d’une pièce façonnée par l’un des « artisans de l’ombre » les plus talentueux de son temps.

Et la recette fonctionne : ce qui était tout à fait dans l’air du temps dans les années 50 s’adapte parfaitement au goût d’aujourdhui !

Boucles d’oreilles Georges Lenfant et collier cordages Marcel Boucher.


Comment dater ces boucles d’oreilles ?

Pour dater précisément ces boucles d’oreilles Georges Lenfant diffusées par la maison P. Huberlant, il faut croiser design, technique et contexte historique. L’esthétique « Oursin », avec son rayonnement asymétrique de baguettes inégales, est emblématique du style atomique des années 1950-1955. Ce design audacieux marque la transition créative opérée par Jacques Lenfant lorsqu’il succède à son père et modernise l’atelier parisien.

L’aspect technique confirme cette période grâce au système de fermoir à raquette, une innovation majeure des clips de confort de l’après-guerre. La mention « Déposé », encore perceptible près du poinçon, fait directement référence aux brevets de systèmes articulés et de sécurité enregistrés par Jacques Lenfant entre 1951 et 1953. Cette signature mécanique garantit l’authenticité d’un savoir-faire alors à son apogée.

Enfin, l’écrin d’origine situé à Mont-sur-Marchienne ancre la pièce dans l’âge d’or de la joaillerie de prestige en Belgique. Entre la calligraphie typique du marquage à l’or et l’expansion du marché du luxe durant cette décennie, tous les indices convergent vers une fabrication située entre 1950 et 1958. Ce bijou demeure un témoignage rare de l’excellence joaillière du milieu du XXe siècle.

Pour conclure

En conclusion, cette paire de boucles d’oreilles est bien plus qu’un simple bijou vintage : elle est le fruit d’une rencontre entre l’ingénierie parisienne de Jacques Lenfant et l’élégance belge de la maison Huberlant. De la subtilité du poinçon au « dé et à l’aile » jusqu’à la technicité du fermoir « Déposé », chaque détail confirme l’authenticité d’une fabrication d’exception des années 1950. Conserver un tel ensemble avec son écrin d’origine est une chance rare, offrant aux collectionneurs un témoignage intact de l’âge d’or de la joaillerie franco-belge. Un véritable trésor de savoir-faire qui traverse le temps sans perdre de son éclat.

Et vous, avez-vous déjà débusqué un poinçon mystérieux sur l’un de vos bijoux de famille ? Partagez vos découvertes ou posez vos questions en commentaire, nous serions ravis d’échanger sur vos trésors vintage !

Bijoux et antiquités

Les bagues cocktail : Élégance et Histoire de Bijoux Spectaculaires

Belles, imposantes, spectaculaires et fascinantes, les bagues cocktail sont assez mal connues du grand public, finalement. Pourtant, en dehors de tout style (Art deco, retro, tank ou vintage…) elles forment un genre à part. On aime, on déteste, mais elles ne laissent jamais indifférent. Alors, que sont finalement ces fameuses bagues cocktail ?

Une naissance un peu floue

Tout d’abord, il y a le cocktail. Son invention remonterait au 18e siècle, mais ce n’est que pendant la seconde moitié du 19e siècle que les liquoristes et distillateurs mettent au point des alcools suffisamment stables pour permettre de bons mélanges. D’abord réservé aux initiés, le principe se répand dans les années 20, durant lesquelles sont organisées des soirées festives de dégustation où les barmen les plus talentueux mettent en œuvre leur savoir faire à la façon des grands chefs de restaurants illustres.

Dans ces soirées mondaines où se pressent les invités, on s’ingénie à se faire remarquer. C’est encore plus vrai aux États-Unis, où la prohibition donne lieu à l’existence d’une multitude de clubs clandestins, dans lesquels la lumière tamisée incite l’apparition de bijoux plus volumineux, plus brillants, plus ostensibles et faciles à remarquer.

Un contexte particulier

Les femmes s’émancipent, et la joaillerie suit ce mouvement : les bagues sont grandes, colorées et scintillantes, elles marquent la fantaisie, l’indépendance et l’élégance féminine. Ce sont des bijoux qui se remarquent lorsqu’on boit, lorsqu’on se repoudre ou que l’on fume. Ce n’est pas tant une provocation qu’une revendication.

Elles suivent la tendance

Géométriques, tank, boule, elles vont suivre l’évolution des styles, mais gardent toujours une constante : elles sont spectaculaires. Généralement, une pierre centrale se distingue pour attirer le regard, et on les porte plutôt à la main droite pour éviter qu’on ne les confonde avec une bague de fiançailles. Le style gagne ensuite en popularité avec le glamour hollywoodien, pour décliner ensuite, avant de connaître un grand revival dans les années 80.

Tout cela a des conséquences techniques

On les porte généralement à l’index ou au majeur et, comme dit précédemment, à la main droite. Forcément, dans les soirées mondaines, elles prennent place sur les gants des élégantes. C’est la raison pour laquelle elles sont parfois de grande, voire très grande taille : 58 et plus, jusqu’à 64 pour la majorité d’entre elles dans les années cinquante. Rien à voir avec la taille ou la corpulence des femmes, mais leur main était gantée, tout simplement ! En ce qui concerne les matières, leur taille a tout autant de répercussions, puisqu’une bague en or de grand volume sertie de pierres précieuses n’est pas à la portée de tout le monde. Alors, pour qu’elles soient plus abordables au plus grand nombre, il s’agit souvent de bijoux fantaisie ornés de cristaux d’imitation. Certains joailliers, comme Marcel Boucher (1898 – 1965 ) auparavant employé par Cartier, se réorientent dans le secteur du bijou fantaisie. On trouve alors d’extraordinaires pièces signées comparables à de beaux modèles de luxe à des prix modiques.

L’argent est également un métal souvent utilisé : il donne le change face au platine, surtout s’il est palladié, nickelé ou rhodié. Dans ce domaine, ce sont les Italiens qui sont passés maîtres avec des créations surprenantes en argent travaillé, ciselé avec la plus grande finesse, orné de pierres fines et d’imitation scintillantes (Photographie ci-contre). Ils ajoutent à leurs modèles des systèmes de réglage à l’anneau qui permettent d’ajuster la taille des bagues au doigt, ganté ou non, et d’éviter que le volumineux montage ne tourne.
Ces bagues sont souvent accompagnées de boucles d’oreilles ou de bracelets formant des parures. On retrouve souvent l’emploi d’or pour plaquer tout ou partie du bijou (vermeil). Cela permet de contenter une clientèle qui recherche l’or sans avoir à en payer le prix. Un usage qui tend à disparaître un peu partout dans le monde et qui reste très populaire en Italie.

La haute joaillerie n’est pas en reste

Les plus grands joailliers ne sont pas en reste et ont également produit de très beaux exemples : Van Cleef, Cartier, Boucheron … ont donné corps à des modèles surprenants aux volumes ambitieux et aux gemmes éclatantes. Argent, or, platine, tout est permis, avec des pierres très colorées associées aux diamants, sur des montages audacieux et architecturés comme c’est le cas chez Cartier (ci-dessous).

Bague de Haute Joaillerie Cartier Le Voyage Recommencé par le photographe Andrew Werner pour Only Natural Diamonds, octobre 2023.

Chez David Bijoux, on aime les bagues cocktail !

Si vous craquez pour ces incroyables modèles resplendissants, n’hésitez pas à jeter un œil sur la galerie de la boutique ! Vous y trouverez fréquemment de très beaux modèles à votre goût. Or, argent, taille ajustable…

Bijoux et antiquités

Chronique : « Camées et intailles, l’art des pierres gravées » par Philippe Malgouyres.

Gallimard / L’école des arts joailliers

J’avais hâte de m’offrir ce livre et de plonger dedans.

Il faut dire que je suis antiquaire, certes, mais diplômée en Histoire de l’Art avant tout. J’ai la passion des arts, l’amour des œuvres et des artistes, un besoin permanent d’apprendre, de comprendre, de découvrir. Alors, vendre des camées, des intailles, oui ! Mais pas sans connaître ou approfondir mes connaissances. Je dois dire que ce livre a comblé mes attentes à bien des égards.
Avant tout, il faut savoir que l’éditeur est connu pour son sérieux : des sources fiables et des auteurs reconnus, des ouvrages de qualité, les publications de l’École des Arts Joailliers sont une valeur sûre.
Quant à l’auteur : Philippe Malgouyres est historien de l’art. Ancien pensionnaire à l’Académie de France à Rome, puis conservateur au musée Calvet à Avignon, il est depuis 1997 conservateur en chef au département des Objets d’Art du musée du Louvre. Lauréat de la bourse André Chastel en 2016, il enseigne régulièrement à l’École du Louvre. Un auteur de référence, donc, de ceux que l’on lit … les yeux fermés ! (Vous l’attendiez, mon jeu de mots, avouez !)

Le contenu, complet, aborde la glyptique dans son ensemble : camées, intailles, commesso. Il n’omet rien du sujet que ce soit la technique, puis l’histoire, l’évolution artistique dans la discipline comme dans le milieu des artistes. Enfin, l’étude de ce panorama se conclut par une présentation des collections, des publications, du marché de l’art de la glyptique au fil des siècles.

Un livre reste néanmoins accessible à tous.

Il se présente selon des axes très différents selon votre niveau d’exigence et ça, c’est assez rare pour être souligné. Les textes principaux forment un ensemble agréable qui peut convenir au grand public, mais suffisamment étayé pour plaire aux vrais amateurs et professionnels. Il se présente comme un cours d’Histoire de l’Art, un peu adapté certes, mais qui permet aux professionnels et étudiants d’appréhender sérieusement le sujet. D’autant plus que ce livre est augmenté de photos remarquables, d’excellente qualité, choisies avec pertinence et accompagnées de descriptions monographiques justes (et complètes, Alléluia !)

Encore une fois, comme dans un cours d’Histoire de l’art, l’étudiant ou l’ex-étudiant (e) – que je suis, du reste – peut se reporter sur une œuvre choisie, datée, contextualisée et parfois analysée. Pour autant, un simple amateur peut aussi feuilleter l’ouvrage au gré de ses illustrations, et picorer dans les textes et/ou les descriptions ce qui attire son attention comme il le ferait avec un beau livre d’art.

Ici, on a tout, c’est un ouvrage complet parfaitement équilibré. C’est jouissif, je n’ai pas d’autre mot. J’y ai passé du temps, détaillant sans cesse mon champ d’étude comme je l’aurais fait à la fac. J’ai appris, vraiment appris, et progressé.

Ensuite, la qualité. Non, vraiment, on ne se moque pas du lecteur ! Les illustrations sont exceptionnelles, je l’ai déjà souligné, mais leur présentation est incroyable, avec des double-pages, des pages dépliantes parfois en vis à vis… c’est splendide. Et l’auteur d’ajouter des références d’époque et des citations, du livre de l’Exode au « Journal des dames ».
C’est. Juste. Beau.
Dans son ensemble, dans sa perfection.

En bref :

Pour tout amateur de bijoux, d’art, ou pour collectionneur passionné, pour un étudiant qui se penche sur l’Histoire des Arts Mobiliers et Décoratifs – matière Ô combien fascinante ! – ce livre est un incontournable. Y compris et, surtout, pour l’antiquaire avisé qui se doit de rester au fait des connaissances et de la recherche pour comprendre et bien évaluer – bien aimer, aussi – ce qu’il vend. Ce livre est une merveilleuse synthèse de beauté et de savoir.

Ma note ? Un joli coup de ♥ /5 !

Pour se le procurer :

L’Escarboucle, librairie de L’École des Arts Joailliers, à l’Hôtel de Mercy-Argenteau – 16 bis boulevard Montmartre, 75009 Paris.

Partout en librairie sur commande.
En ligne :
FNAC : https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?Search=cam%C3%A9es+et+intailles&sft=1&sa=0
Cultura : https://www.cultura.com/p-camees-et-intailles-tp-l-art-de-la-glyptique-9782072943263.html
Rakuten : https://fr.shopping.rakuten.com/offer/buy/7629468120/camees-et-intailles-tp-l-art-de-la-glyptique-format-broche.html
Amazon : https://tinyurl.com/david-bijoux

Bijoux et antiquités

Cristal de roche vs diamant : Comment on vous induit en erreur.

Appellations interdites, dénominations floues, l’exemple du « Diamant de Herkimer ».

Sur les sites et les plateformes, vous verrez de plus en plus fleurir des diamants en tout genre. Taille rose, ancienne, polki, brillant, 8/8… on a l’embarras du choix et chaque dénomination désigne une taille de diamant. Certains sont plus anciens que d’autres, plus coûteux que d’autres, mais tous sont des diamants.

Ici, voici une splendide bague des années 20 au plateau de platine serti de diamants taille rose et centré d’un diamant taille ancienne. Tous sont d’authentiques diamants.

Toutefois, il y en a un qui se distingue par son prix défiant toute concurrence malgré une taille conséquente : le « diamant » de Herkimer. Dans ma tête, vous vous en doutez, tous les voyants sont passés au rouge. D’autant plus qu’à l’œil nu, les pierres sont très différentes : un cristal de système rhomboédrique et biterminé d’un côté, un cristal de système cubique de l’autre. OK, vous l’aurez compris : le « diamant de Herkimer » N’EST PAS UN DIAMANT.

Qu’est-ce qu’un diamant ?

Le diamant est un minéral constitué de carbone. Concernant sa dureté, sur une échelle de 1 à 10 (La fameuse échelle de Mohs !) il est à 10 : le cristal le plus dur qui soit.

Le système cristallin du diamant est cubique. Les cristaux ne sont pas toujours aussi clairement définis, mais cela vous donne une idée simple de ce qu’est un minéral de système « cubique ».

Son nom vient du grec adamas qui veut dire « Indomptable, invincible ». La pierre avait la légendaire réputation de rendre son porteur invincible, donc, et de renforcer sa détermination, son courage. Et ça s’est maintenu en lithothérapie ! Le diamant apporte détermination, clarté de réflexion et d’esprit, aide à respecter ses valeurs et ses objectifs. Le diamant apporte motivation et… inflexibilité. C’est le minéral de la vertu, de la justice. Pierre du chakra coronal elle N’EST PAS une pierre qui convient à tous ! Elle radicalise la pensée, elle vous aidera à faire le tri… mais sans compromis. Au risque de vous fâcher, donc. Si vous êtes d’un caractère impulsif, allez-y à petite dose. Bref ! On fera un post sur le diamant dans la rubrique « Mieux connaître les bijoux ».
La dispersion, les fameux « feux » vous savez ? Elle est incomparable dans le diamant. C’est SA marque de fabrique. Elle est quantifiée par un indice : 2,407.

Qu’est-ce qu’un « diamant de Herkimer » ?

Comme précisé ci-dessus, c’est un cristal rhomboédrique biterminé (Pointu des deux côtés, si vous préférez), et il est composé de… – roulement de tambour – dioxyde de silicium (SiO2 pour les petits scientifiques).

Voici donc à quoi ressemblent de jolis cristaux bruts de « diamant » de Herkimer. C’est joli, certes, mais vous aurez sans peine reconnu la forme caractéristique des minéraux de cristal de roche.

En gros, c’est un cristal de roche très pur biterminé. Sa dureté n’est que de 7 sur l’échelle de Mohs, contre 10 pour le diamant, et son indice de dispersion est de 0,013 au lieu des 2,407 attendus pour le diamant. D’un point de vue lithothérapeutique, ses effets sont ceux du cristal de roche, peut-être un peu amplifiés : on est aussi sur le chakra coronal, comme pour le diamant. Il amplifie les énergies et favorise clarté et neutralité, ce qui en fait une excellente pierre de bilan en lithosophie. Il stimule de développement personnel. Et, surtout, c’est une pierre à l’énergie neutre et dite « programmable ». En bref : on n’est pas sur le même paradigme avec le diamant.

Alors, d’où vient son nom de « diamant de Herkimer » ?

Eh ! Bien … ce petit cristal de roche biterminé et aux faces très courtes, est originaire de l’état de New-York (États-Unis) dans le district minier d’Herkimer, tout simplement. Mais avant tout, il faut savoir que ce procédé d’appellation est INTERDIT. Eh oui ! L’appellation « diamant de Herkimer » prête à confusion et elle est dite abusive, donc proscrite. Les vendeurs s’exposent ainsi à des poursuites le terme exact étant « Cristal de Herkimer ».
Il faut savoir que ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la joaillerie qu’un cristal de roche, qu’un quartz, blanc ou coloré, prend le nom de « diamant » ajouté à son lieux d’extraction.
Historiquement, voici quelques exemples de cristal de roche renommé abusivement :
Le diamant mexicain.
Le diamant d’Alaska.
Le diamant du Dauphiné.
Le diamant de Bohême.
Le diamant d’Arkansas (Encore un qui vient des États-Unis).
Le diamant de Rennes.
Le diamant d’Alençon, quant à lui, est un quartz fumé qui se trouvait sur la plaine du Hertré près d’Alençon.

Bague solitaire sertie d’un quartz fumé, taillé dans un des derniers cristaux de l’ancienne carrière du Hertré, aujourd’hui fermée. Fabrication Bijouterie Camus à Alençon.

Pour conclure :

Le diamant : c’est du carbone, le cristal de Herkimer : un cristal de roche biterminé extrait de la mine de Herkimer aux États-Unis. Les deux sont de beaux cristaux avec de belles propriétés qui leurs sont propres, avec un prix et une valeur très différents. Il convient ainsi de ne pas se tromper, ou de ne pas se laisser induire en erreur, pour profiter pleinement de leurs atouts avec plaisir et sans regrets !

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Bibliographie : Michel Gienger, Manuel de lithothérapie ou l’art du Bien-être avec les pierres, Guy Trédaniel.
Walter Schumann, Guide des pierres précieuses, Delachaux et Niestlé.
Pierre Bariand, Rudolf Dud’a, Lubos Rejl, Grande encyclopédie des minéraux, Gründ.

Billet d'humeur - In my head

Que fais-je de mes vacances ?

Quand on est passionnée… il n’y a pas de vacances. Ou plutôt, il n’y a pas de travail !

Pendant ces vacances, j’ai tout de même restauré et créé quelques bijoux. J’ai parfois même fait quelques acquisitions personnelles. Ce fut l’occasion de me documenter – me re-documenter – sur certaines familles de gemmes ou certains types de métaux, certaines techniques, aussi. Je prends beaucoup de plaisir à lire, d’autant plus que la recherche se diversifie sans cesse et les connaissances sont plus facilement accessibles au plus grand nombre.

J’ai créé des bijoux à partir de pendentifs chinés dans les boutiques, en ligne ou pas, de professionnels ou particuliers. Et, comme toujours, j’ai pris plaisir à offrir une deuxième vie à ces trésors.

Le but étant toujours de mêler modernité et antiquités, minéraux naturels pour l’esthétique et, de surcroît, de belles énergies pour les amateurs d’une lithothérapie précieuse et originale.

Pour les amatrices, il y a donc rareté, énergies, préciosité. Sans avoir à choisir !

J’ai aussi utilisé de nouveaux outils.

J’ai eu l’occasion de m’équiper pour obtenir une plus belle lumière, un meilleur éclairage, ainsi que des photos plus précises que celles que je prenais avec mon ancien smartphone. Le précédent me rendait littéralement folle, vous n’imaginez pas le nombre de prises de vue, d’essais infructueux ou peu satisfaisant. Mais là, enfin, je tiens le bon bout. De quoi vous donner une meilleure idée de mon travail et des bijoux que vous souhaiterez acquérir à l’avenir !

Je ne sais pas pourquoi, mais pendant ces deux semaines, j’ai beaucoup été inspirée par le vert. Mais bon, après tout, c’est une des couleurs de Noël, non ? D’ailleurs, le saviez-vous mais, avant que le personnage ne soit récupéré par la marque de soda Coca-Cola, notre cher Père Noël était vert… Le rouge, outre la récupération du mythe par la célèbre marque américaine, est venue d’un amalgame avec saint Nicolas, toujours fêté assidûment dans l’Europe du Nord, qui portait l’habit rouge des évêques.

Et puis, j’ai fait d’autres choses très différentes de mon métier-passion ! Comme me vernir les ongles (En rouge, d’ailleurs !) Une chose que je ne peux pas faire en temps normal, puisque mes travaux de restauration ou de nettoyage viennent abîmer significativement mon joli vernis… J’ai aussi regardé des séries (Je suis sûre que vous en avez fait autant, avouez !) J’ai fini de regarder 3 saisons de « La chronique des Bridgerton ». Je n’ai pas trop adhéré à celle consacrée à Anthony et Kate, en revanche, l’histoire de Pénélope et Colin m’a conquise. Enfin, le spin off de la Reine Charlotte est extraordinaire. Elle est à part, avec ses références historiques réelles, notamment sur le couple de George III et Charlotte de Mecklembourg-Strelitz. Leur couple fut une véritable référence en termes de complicité et d’unité, mais il fut aussi marqué par la maladie, celle de roi George III atteint de porphyrie, et d’épisodes psychotiques, probablement dû en partie à une exposition importante à l’arsenic. La manière dont a été traité le sujet de la folie m’a bouleversée, le thème a été abordé avec une réelle sensibilité. Et le jeu de Corey Robert Mylchreest est absolument remarquable.

J’ai aussi terminé et entamé d’autres lectures :

C’est une source importante d’inspiration et de documentation pour moi, que de lire des ouvrages d’époque. Dans ce goût-là, je me suis attelée à la relecture des « Hauts de Hurlevent » d’Émilie Brontë (dont mon arrière grand-mère fut la traductrice) en VO.
Je ne sais pas encore trop ce que cela donnera, mais j’ai aussi terminé « Peaky Blinders » et j’ai eu envie de m’inspirer de l’art déco.

Quoi qu’il en soit, cette période de fêtes est bientôt terminée.

Il est temps pour moi de reprendre le travail ! Mais aussi de vous souhaiter une belle, heureuse et scintillante année 2025 !

Bijoux et antiquités

Une restauration pas à pas : La joueuse de lyre (Terpsichore)

J’ai acquis une très jolie bague en argent du XIX ème, sertie d’un camée de corail peau d’ange très pâle.

Ce bijou, c’est avant tout une commande, une bague acquise pour une de mes clientes, passionnée, qui recherche des motifs anciens en glyptique, c’est à dire gravés ou sculptés sur des médaillons de pierre dure (Pierre de lave, cornaline, agate) ou organique (Nacre abalone, corail, coquillage). Le bijou représente un sujet antique sur un corail peau d’ange – rose : une joueuse de lyre identifiée comme Terpsichore, la muse du chant et de la danse.
La bague avait subi de nombreuse usures et quelques outrages, mais elle correspondait à la taille de ma cliente, et à ses goûts. Je l’ai donc achetée après avoir obtenu son accord et la confirmation de son budget. Seulement voilà, dans ce métier, lorsque les objets d’art ont vécu, et en portent les stigmates, notre rôle, c’est un peu de remonter le temps, en quelque sorte.

S’ils ont un passé, à nous de leur offrir un avenir !

Quand je l’ai vue, j’ai tout de suite pensé que le travail serait complexe et périlleux.

Allez, je vous fais un petit tour d’horizon ? Nous y reviendrons plus tard pour un avant/après. La crasse, l’oxydation, les chocs, ont profondément endommagé la monture. Certaines pliures sont particulièrement graves, et il est probable que le métal puisse se casser au redressage.

La bague est très abimée

Impossible de distinguer les motifs du corail qui, sous l’effet de la chaleur et de la sécheresse, a complètement blanchi.Les épaules sont pliées, la crasse s’est incrustée partout et l’oxydation a noirci les détails.

Première chose à faire, procéder à un premier trempage à l’eau déminéralisée pour ramollir la crasse, hydrater le corail et dégager un peu le décor.

Ensuite, une fois le bijou sommairement nettoyé et débarrassé de ses croûtes, on va pouvoir commencer à redresser l’épaule. Pour travailler en restauration sur des bijoux anciens, il faut une pincée de connaissances techniques et une bonne dose d’inventivité : il n’existe aucun appareil préconçu, aucun outil parfaitement adapté et préconçu. Dans bien des cas, on s’adapte, on bricole, on façonne nos propres outils sur mesure. On affûte, on tord, on coupe, on émousse.


Une fois la bague décrassée, on va pouvoir commencer le redressage.

Pinces, poinçon, mais surtout, en première intention, des instruments de bois tendre dont on va augmenter doucement la taille, quitte à utiliser de simples cure-dent, pour ne pas maltraiter le métal. En cas de trop forte contrainte ou de geste malheureux, le bois bois va rompre en premier, pas le métal. Mieux vaut prendre le temps que prendre des risques !


On va ensuite pousser doucement le métal, tout en le réchauffant tout doucement pour éviter la rupture. `À ce stade, je vous avoue que je ne respire qu’une fois sur trois, je retiens mon souffle à chaque instant. Le moindre geste maladroit, la moindre erreur technique, et c’est le drame.

Redresser le métal à la pince est une étape critique

Une fois le métal redressé, on travaille à la pince. J’exerce une pression de part et d’autre de la patte d’épaulement pour lisser la torsion. C’est le moment le plus délicat, le métal peut rompre et une soudure peut lâcher.

On avance lentement, prudemment, on vérifie les soudures à chaque étape. C’est la dernière étape du redressage, et on n’est toujours pas à l’abri d’un accident. À la loupe, et au doigt, ou à la microfibre pour déceler une fissure dont le métal accrocherait au textile. Si le montage devait souffrir, il faudrait arrêter la restauration immédiatement, soit pour laisser le bijou « au mieux », soit pour effectuer une soudure. Avec un cabochon de corail, une telle manipulation implique forcément un démontage… lorsque c’est possible. Vu l’âge, le type de serti et l’état du corail, un démontage est inenvisageable. Autant dire que le moindre faux pas ne pardonne pas.


Si on passe toutes ces étapes, et que les épaules sont bien redressées, on peut, ENFIN, respirer un peu ! Et passer au repolissage.

C’est le dernier volet de restauration à entreprendre. On commence par bien hydrater le corail, encore, et par l’enduire d’une cire de protection qui va éviter que les pâtes de polissage ne le polluent. Puis, on attaque ! Avec les premiers nettoyages, les détails apparaissent, comme le motif en cordelette qu’on ne devinait qu’à peine sous l’oxydation. Le repolissage de la matière va estomper les marques des pinces, les micro-rayures et, surtout, les usures et marques des dommages subits. On travaille toujours à pâte fine pour ne pas risquer d’affiner le métal. Une fois le métal repris, on va enlever la cire de protection et raviver, puis lustrer le corail rose.

L’avant / après est saisissant

Non seulement l’épaulement a retrouvé sa forme, mais le métal a repris sa couleur d’origine, avec une légère patine. On devine que la tresse d’ornement au serti, légèrement dorée, est probablement en or à bas titre, offrant une légère bichromie. Le corail aussi, n’est plus blanchi par la chaleur ou la sécheresse, il présente à nouveau de délicates nuances de rose pâle et les reliefs permettent de mieux distinguer la joueuse et son instrument.

Il est très important de comprendre que la restauration n’est pas une remise à neuf.

Le travail ne consiste pas à faire disparaitre l’histoire du bijou, mais, lorsque c’est possible, à remettre en état tout en gardant l’évolution du bijou visible ET esthétique. On ne refait à neuf que lorsque l’état des usures ne permet pas d’assurer la continuité des fonctions de la pièce. Surtout sur une bague ancienne comme celle-ci qui présente un très bel intérêt artistique. Après tout ces efforts, cette superbe bague est enfin prête à rejoindre l’écrin de son heureuse propriétaire !

Bijoux et antiquités

Est-ce qu’on achète toujours pour revendre ?

Les gens pensent toujours qu’un antiquaire est un être à l’affût qui achète compulsivement, ou, plus caricaturalement, une personne prête à piller des tombes pour satisfaire d’obscurs mécènes et commanditaires. Il n’en est rien…

Non, on n’achète pas toujours tout et on ne revend pas systématiquement. Et surtout, on ne se procure pas nos objets d’art de manière occulte ou illégale. Tout d’abord, il faut savoir que nous sommes soumis à des obligations légales, notamment celle de tenir ce qu’on appelle un registre de police, sur lequel sont consignées les pièces acquises, leur mode d’acquisition, leur origine.

Lorsqu’elles sont acquises auprès de commissaires priseurs et de salles des ventes, elles sont garanties dans leur état, leur composition (Procès verbal). Leur origine y est également contrôlée. Le commissaire priseur est un officier ministériel qui garantit l’origine vérifiée et légale de ce qu’on lui confie, ainsi que la conformité du procès verbal attestant de la nature des pierres et métaux, de l’époque également. Toute non conformité peut aboutir à l’annulation de la vente.

Et ce, pour pouvoir remonter jusqu’à lui en cas de vol avéré. Tout cela, dans le but de prévenir le trafic et combattre le recel.

Et si un objet nous plaît tout particulièrement…

Soit on l’acquiert avec nos propres deniers, soit on se l’achète comme n’importe quel client. Car oui, la plupart des « marchands d’art » font ce métier par passion. Nos connaissances, en plus d’être celles de professionnels (J’y reviendrais !) sont aussi celles de véritables passionnés, amateurs éclairés, chercheurs autodidactes (Et parfois universitaires) et collectionneurs amoureux.

Alors, si un antiquaire vous approche pour acheter un objet d’art que vous auriez mis en vente, ne pensez pas d’emblée, avec réticence, que nous le convoitons avec concupiscence et vénalité. Parfois, vous aurez juste affaire à un ou une passionné.e tombé amoureux ou amoureuse de ce qui, pour vous, n’a plus autant d’intérêt, et pour lui ou elle, une incroyable valeur sentimentale née d’un coup de foudre sincère.

Bijoux et antiquités

De nouveaux fermoirs pour la boutique !

J’ai reçu de nouveaux fermoirs, et ils sont magnifiques ! Bon, bien sûr, quand vous les voyez, comme ça, ils ne sont pas restaurés, mais ils sont déjà très prometteurs ! Sur certains, on distingue bien sûr des signes du temps : usure, oxydation. Dans le métier, c’est ce qu’on appelle la patine : la fameuse patine. On restaure : on enlève l’essentiel de l’oxydation, les rayures, on repolit, mais certaines choses ne peuvent pas disparaître. Et c’est ça, la patine. Ce qui ne peut pas disparaître et qui fait l’histoire du bijou.

Par exemple, regardez ce bijou : vous avez vu la coloration verte des strass ? Ça vient de l’évolution naturelle de la peinture qui recouvre l’arrière des strass. On appelle ça un paillon. Comme pour un miroir, au revers des pierres, on a parfois une peinture métallisée qui renforce l’éclat de la pierre. Et cette peinture métallisée s’oxyde. Lorsqu’elle contient du cuivre, du vert de gris apparaît qui donne cette teinte qui oscille entre le jaune et le vert.

Alors, tu vas me dire : qu’est-ce qu’on fait ?
Rien.
On ne fait rien.
On travaille autour du bijou en tenant compte de ces particularités liées à l’âge et à son histoire. Dans le cas de ces fermoirs, donc, on va venir créer un collier, un bracelet, avec des perles assorties qui résonnent avec le vécu de la pièce. Des camaïeux de couleur, des formes coordonnées.

Ce que j’aime, c’est vraiment le sauvetage de ces bijoux. Ils ont perdu leur collier, ils sont sortis de leur contexte, ont été, cédés, parfois stockés au fond d’un coffret. Puis ils ont été revendus, et les voilà. Ce qu’on a entre les mains, c’est un morceau d’histoire. Celui de l’artisan qui les a créés, celui du bijou que ces fermoirs venaient orner, de la personne qui les a portés. On a un rôle dans cette histoire : celui de rendre la vie, de remettre en état, de rendre l’objet à sa fonction première, puis de transmettre le nouveau bijou. Avec tout son passé, son patrimoine, son vécu.

Et devant lui : une nouvelle histoire, un avenir tout neuf !

Bijoux et antiquités

Pourquoi un blog ?

Dans cette partie je vous parlerai de moi, de nous et d’un peu tout, et surtout de bijoux.

Juste pour le plaisir de partager avec vous mes pensées, mes humeurs, mes opinions aussi, mes combats parfois !

Je vous invite à publier des commentaires, à débattre (Gentiment et poliment, attention !) à ouvrir votre bouche et surtout, votre cœur.

Mon blog, c’est pas la place publique mais c’est un peu mon salon à moi ! Vous savez, ces salons du XVIII ème siècle où se rejoignaient des invités pour partager leurs opinions sur un sujet… Eh bien, voilà ! Nous y sommes. Il y a plein de choses que je vis et que je partage au quotidien, avec mes amis, mes proches, avec les gens que je rencontre. Des choses qui parfois tombent dans l’oubli et c’est tout de même dommage.

Alors, entrez ! Vous êtes les bienvenus.